La myélopathie dégénérative est une maladie neurologique évolutive de la moelle épinière, souvent comparée à la sclérose latérale amyotrophique chez l’humain. Elle touche en priorité les chiens âgés de races prédisposées et se manifeste par une perte progressive de motricité des membres postérieurs.

À retenir. Cet article est pédagogique. Tout signe évoquant une myélopathie dégénérative impose une consultation vétérinaire. Seul votre vétérinaire pose un diagnostic, écarte les autres causes et définit la prise en charge adaptée à votre chien. Les éléments ci-dessous ne remplacent pas une consultation.

Définition

La myélopathie dégénérative est une atteinte dégénérative de la moelle épinière, principalement au niveau thoraco-lombaire. Les fibres nerveuses qui transmettent l’information motrice aux membres postérieurs se détériorent lentement. La maladie est progressive et, à ce jour, sans traitement curatif.

Pourquoi le Berger Blanc Suisse est concerné

Le Berger Blanc Suisse, comme d’autres races de grande taille apparentées au Berger Allemand, fait partie des races prédisposées. Une mutation du gène SOD1, transmise sur un mode autosomique récessif, est associée à cette prédisposition : un chien doit hériter de deux copies du gène muté pour présenter un risque accru de développer la maladie.

Trois statuts génétiques sont décrits par les laboratoires :

  • Indemne (N/N) — aucune copie du gène muté.
  • Porteur (N/A) — une copie du gène muté, sans risque clinique connu.
  • À risque (A/A) — deux copies du gène muté, prédisposition élevée.

Le statut génétique évalue une prédisposition, il ne diagnostique pas la maladie. Pour les questions de reproduction et d’interprétation du test ADN, l’avis d’un vétérinaire est indispensable.

Symptômes

Les signes apparaissent généralement chez les chiens âgés et s’installent de façon insidieuse. Ils sont fréquemment confondus, en début d’évolution, avec une dysplasie de la hanche ou du coude ou une autre pathologie orthopédique.

Signes précoces fréquemment décrits :

  • faiblesse progressive des membres postérieurs
  • démarche titubante, croisement des pattes arrière
  • usure anormale des ongles postérieurs
  • difficulté à se lever après le repos
  • perte de proprioception (le chien ne perçoit plus correctement la position de ses pattes)

Signes plus avancés :

  • chutes répétées, ataxie marquée
  • faiblesse pouvant évoluer vers la paralysie postérieure
  • atrophie musculaire
  • atteinte possible des fonctions urinaires et fécales
  • extension possible aux membres antérieurs dans les stades terminaux

Toute apparition ou aggravation de ces signes justifie une consultation vétérinaire sans attendre.

Diagnostic

Le diagnostic de la myélopathie dégénérative est avant tout un diagnostic d’exclusion posé par le vétérinaire. Il s’agit d’écarter les autres causes possibles de faiblesse des membres postérieurs : pathologies orthopédiques, hernie discale, atteinte tumorale ou inflammatoire de la moelle épinière, etc.

La démarche associe en général :

  • un examen neurologique complet (réflexes, proprioception, force musculaire)
  • des examens complémentaires d’imagerie selon le contexte (radiographies, IRM, scanner)
  • l’interprétation, par le vétérinaire, du statut génétique éventuellement disponible

Le test ADN seul ne diagnostique pas la maladie. Le diagnostic de certitude n’est possible qu’en analyse histopathologique post-mortem ; du vivant du chien, le diagnostic reste présomptif.

Évolution

L’évolution est progressive et propre à chaque chien. Sur plusieurs mois à plusieurs années, les signes neurologiques s’aggravent et l’autonomie motrice se réduit. Le rythme et la sévérité varient d’un individu à l’autre, ce qui rend le suivi vétérinaire régulier indispensable pour adapter l’accompagnement.

Prise en charge

Il n’existe à ce jour aucun traitement curatif. La prise en charge vise à préserver le confort, l’autonomie et la qualité de vie du chien. Toutes les décisions thérapeutiques relèvent de votre vétérinaire. Les axes habituellement évoqués :

  • suivi vétérinaire régulier pour réévaluer l’évolution
  • physiothérapie et hydrothérapie encadrées par un professionnel
  • aides à la mobilité (harnais, rampes, sols antidérapants, chariot adapté)
  • aménagement du quotidien (couchage adapté, gestion des transferts)
  • accompagnement attentif dans les stades avancés

Les questions de supplémentation, de médication ou de protocole précis ne se traitent pas en lecture d’article : elles sont du ressort exclusif du vétérinaire qui suit votre chien.

Prévention

Il n’existe pas de prévention au sens strict, puisque la maladie est associée à une prédisposition génétique. Deux leviers sont toutefois utiles :

  • Le dépistage génétique des reproducteurs. Il permet d’orienter les choix de reproduction et de limiter la diffusion des combinaisons à risque dans la race. Son interprétation, en élevage comme chez le particulier, doit être validée par un vétérinaire.
  • La détection précoce des signes. Toute modification de la démarche d’un Berger Blanc Suisse vieillissant justifie un examen vétérinaire, ne serait-ce que pour écarter une autre cause traitable.

Pour vous aider à anticiper les frais de suivi, de bilans et d’aides à la mobilité éventuellement nécessaires, consultez notre page assurance santé du Berger Blanc Suisse.

Toujours passer par votre vétérinaire

Cet article est destiné à vous donner des repères pour comprendre la maladie et reconnaître ce qui doit alerter. Il ne remplace en aucun cas une consultation. Diagnostic, examens complémentaires, accompagnement et décisions de fin de parcours appartiennent à votre vétérinaire, qui connaît votre chien et son histoire.

Pour approfondir

Retrouvez l’ensemble des fiches sur la santé du Berger Blanc Suisse : dysplasie de la hanche et du coude, giardiose et assurance santé.

Amandine Aubert, fondatrice de l'élevage Bloodreina

L’autrice

Amandine Aubert

Éleveuse depuis 2015, affixe « Of Bloodreina » n°91764. 72 titres officiels dont 2 Champions du Monde. Sélection, santé testée, accompagnement des familles à vie.

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Questions fréquentes

Qu'est-ce que la myélopathie dégénérative chez le chien ?

Une maladie neurologique progressive de la moelle épinière, qui entraîne une perte de motricité des membres postérieurs. Elle est souvent comparée à la SLA chez l'humain. Seul un vétérinaire peut poser le diagnostic.

À partir de quel âge la myélopathie dégénérative apparaît-elle ?

Le plus souvent chez les chiens âgés, en seconde partie de vie. Les premiers signes sont discrets et facilement confondus avec d'autres pathologies orthopédiques ou neurologiques. Toute suspicion impose une consultation vétérinaire.

Existe-t-il un traitement de la myélopathie dégénérative ?

Il n'existe pas de traitement curatif à ce jour. La prise en charge repose sur l'accompagnement : suivi vétérinaire régulier, physiothérapie, aménagement du quotidien et soins de confort, toujours définis par votre vétérinaire.

Le test ADN suffit-il à diagnostiquer la maladie ?

Non. Le test génétique évalue une prédisposition, pas une certitude clinique. Le diagnostic est un diagnostic d'exclusion posé par le vétérinaire après examen neurologique et examens complémentaires.